L'origine du feu

Foudre

Certaines études ont apporté des preuves de l'utilisation moderne du feu remontant à 1,7 million d'années.

Les 270 os calcinés trouvés dans la grotte de Swartkrans, indiquent que les gens ont utilisé le feu il y a entre 1 et 1,5 million d'années, mais qu'il n’y avait pas de foyer local et régulier ni de charbon de bois. Le bois n'était utilisé alors que temporairement ou occasionnellement, probablement en raison d'incendies naturels.

Les premières traces d'incendie remontant à un million d'années ont été trouvées à Wonderwerk Cave, en Afrique du Sud. Le feu a été utilisé dès le Pléistocène suivant, mais il n'était pas encore domestiqué.

Les premiers humains sans doute pu observer que les animaux étaient effrayés par les incendies naturels provoqués par foudre ou les volcans. Ils se sont sans doute rassemblés avoir observé des incendies causés par la combustion naturelle du méthane (biogaz) et de la phosphine (humidité) à l'extérieur. C’est en ramenant des brandons dans leur lieu de vie, qu’ils commenceront à apprivoiser le feu.

Le contrôle du feu

L'existence d’un foyer entretenu peut être prouvée sur divers sites archéologiques par l'accumulation d'ossements d'animaux brûlés et noircis, ainsi que par des couches de cendres dans les sédiments et la grande quantité de pierres affectées par les températures élevées.

Dans la communauté scientifique, le site le plus ancien à l'origine des traces de foyer fait l'objet d'un relatif consensus au sein de la communauté scientifique : il s'agit du site du pont Jacob en Israël, daté d’environ 790 000 ans.

Les ruines de Stranska Skala et Přezletice en République tchèque montrent des signes d'environ 650 000 ans d'utilisation du feu, mais rien n'indique que le feu soit maîtrisé dans les habitats. Aucune preuve de foyer n’a été trouvée pour la première moitié du Pléistocène moyen. En Europe, des sites bien vérifiés ont été découverts, ils datent d’ environ 400 000 ans.

Avant le feu 

En raison des composants non digestibles des plantes, tels que les fibres brutes et l'amidon, les tiges, les feuilles matures, les racines et les tubercules élargis, ne faisaient pas partie de l'alimentation humaine avant la domestication du feu.

La consommation de plantes était limitée aux plantes composées de sucres simples et de glucides, comme les graines, les fleurs et la pulpe des fruits.

Les dents des Homo ergaster  se sont progressivement rétrécies avec le temps (diminution du volume de la cavité buccale, diminution de la mâchoire et de la dentition). Ceci  indique que les Homo ergaster auraient préparé des aliments (viande et végétaux) en les attendrissant, en les coupant ou en les écrasant avant de les manger.

L’attendrissement des aliments, réduit le besoin de renforcer les muscles masticateurs (en particulier les muscles temporaux), en diminuant  ainsi la pression sur le crâne. La raison du premier développement cérébral survenu chez  Homo ergaster il y a 1,8 millions d'années est peut-être qu'il a appris à préparer de la viande et des légumes-racines avant de les manger.

Comment se produit un feu ?

Les hommes préhistoriques ont probablement découvert que pour obtenir une flamme, il faut impérativement trois éléments :

  •  un combustible (pour alimenter le feu), comme le bois, les herbes séchées, etc.
  •  un oxydant (qui se combine au précédent), tel que l'oxygène,
  •  une entrée d'énergie pour déclencher une réaction chimique.

Cet apport d'énergie peut être produit de différentes façons : par la percussion ou par la friction.
Avant d'obtenir la flamme, il est nécessaire de générer des braises. Selon la technologie utilisée, cette dernière peut générer des étincelles en premier; car contrairement aux idées reçues, l'allumage d'un feu n'est pas systématiquement lié à la présence d'étincelles.

De plus, certaines étincelles sont dites «froides» : elles ne provoquent pas de braises (situation où deux pierres de silex se heurtent).

Pour faire du feu, on dit qu'il faut frapper deux silex. Désolé ! Cà n'a jamais marché !gasp.png

Il existe deux méthodes pour allumer un feu :

  • la méthode dite par percussion
  • la méthode dite par friction

1. La méthode par percussion

Selon les découvertes archéologiques, c'est la méthode la plus ancienne.

Dans le site du Paléolithique supérieur (Cro-Magnon), des fragments d'alumine ou de pyrite (minéraux contenant du fer) ont été trouvés avec des traces de percussion. Les outils utilisés étaient en bois, qui est un matériau en décomposition rapide et donc peu susceptible d'être préservé à l'âge paléolithique.

Deux fragments de silex entrant en collision l'un avec l'autre ne produisent pas d'étincelles efficaces (étincelles froides) pour avoir des braises.

Il doit y avoir, d'une part, un morceau de fragments de roche dure (comme du silex ou du quartzite) et d'autre part, un morceau de fragments minéraux contenant du fer (comme de la pyrite ou de la marcassite).

La collision de ces deux éléments produit des étincelles «chaudes». Lorsqu’une étincelle chaude entre en contact avec des matériaux inflammables tels que l’amadou (issu d’un champignon appelé amadouvier), des braises peuvent se  forment. Ensuite, il faut rajouter les brindilles très sèches.

Photos prises lors d'une démonstration d'allumage d'un feu par percussion à Menez-Dregan :

Démonstration de feu par percussion - Menez Dregan
Démonstration de feu par percussion Menez Dregan
Démonsttration de feu par percussion à Menez Dregan--

L'amadou

Amadouvier sur un hêtre

L'amadou est une substance qui s'embrasse très facilement en présence d'étincelles. Il est issu de l'amadouvier, champignon polypore parasite (non comestible) assez fréquent qui parasite les arbres feuillus mais surtout les hêtres. Il se fixe sur un arbre malade et finit par le tuer en quelques années.

L'amadouvier possède un chapeau en forme de sabot de cheval, de 10 à 50 cm de diamètre, bossu au sommet, gravé de sillons et de bourrelets dont la surface est dure. En réalité il s'agit d'une concrétion de plusieurs chapeaux empilés les uns sous les autres.

Il est formé de tubes longs de couleur rouille qui possèdent des pores fins. Les spores dont émis au printemps.

2. La méthode par fiction

Dans cette méthode, le feu est produit par le frottement de deux morceaux de bois : l'un est une tige légèrement pointue (perceuse), dont le bas est coincé dans une entaille dans la planche, et le haut  articulé dans une charnière (pour protéger la paume).

Le succès de l'opération dépend de la capacité de ces deux éléments à produire suffisamment de copeaux de bois, le choix du bois utilisé est donc très important.

La sciure produite par la rotation brusque du foret sur la planche de bois est sujette à des échauffements liés au frottement du bois, ce qui entraîne la formation de braises. Il est également important d'installer une sorte de gouttière pour libérer les copeaux de bois formés afin que la zone de friction soit toujours en contact avec l'air (oxydant). Ce dispositif est actionné manuellement ou bien avec un arc et une flèche.

Une fois les braises obtenues, le combustible initial est remplacé par des herbes séchées ou par un autre combustible comme des aiguilles de pin par exemple.

Après le feu - Les différentes fonctions du feu ont agit sur :

La cuisson des aliments

Le fait de consommer des aliments cuits a joué un rôle décisif dans la croissance du cerveau et de ce fait dans l’évolution humaine car grâce à la cuisson, la taille du cerveau a augmenté !

Le fait de cuire la viande et les légumes racine agit comme une pré digestion. Ceci a permis aux humains de dépenser moins d’énergie pour la digestion. De ce fait, la taille du tube digestion a diminué et l’énergie récupérée a été utilisée pour le cerveau. En accroissant la digestibilité des aliments (notamment celle de l’amidon et des protéines), la cuisson augmente la valeur énergétique des aliments (elle permet ainsi d’assurer l’augmentation de 20 % du besoin de la masse cérébrale du métabolisme).


La taille de l’appareil masticateur et celle de l’appareil digestif ont donc diminué.

La cuisson a joué aussi un rôle de détoxification. En effet, les glucosides de cyanure tels que ceux des graines de lin et du manioc deviennent non toxiques par cuisson. L'alimention humaine est devenue plus variée.

La protection des campements contre les prédateurs


L'éclairage

Le feu permet d'éclairer la caverne et prolonge le jour permettant ainsi un allongement du temps de l'activité.

La socialisation

Se réunir autour du feu favorise les échanges sociaux et la convivialité.

Le chauffage

La fonction du feu a en tant que chauffage a aussi permis la conquête de nouveaux territoires plus froids et a favoriser les migrations.

La confection d'armes plus évoluées

Le feu a aussi permis l’évolution de la qualité des armes et des outils car il permettait le durcissement de la pointe des épieux en chauffant le silex pour le débiter plus facilement. Pratique pour la chasse ! Pratique pour la défense !